Des élèves qui organisaient un blocus pacifique de leur lycée à Gagny, samedi, se sont fait violemment charger par une brigade de sécurité départementale.
Samedi matin, entre 200 et 300 jeunes du lycée Gustave-Eiffel de Gagny (Seine-Saint-Denis) démarrent le blocus de leur établissement. La veille, ils avaient eu connaissance de la suppression des postes de professeurs prévue à la rentrée.
Samedi matin, entre 200 et 300 jeunes du lycée Gustave-Eiffel de Gagny (Seine-Saint-Denis) démarrent le blocus de leur établissement. La veille, ils avaient eu connaissance de la suppression des postes de professeurs prévue à la rentrée.
Dans une ambiance calme, quelques policiers du commissariat de Gagny discutent avec des professeurs. Jusqu’à l’arrivée brutale d’une vingtaine de « robocops » de la brigade de sécurité départementale, équipés de boucliers, casques, gaz lacrymogènes et flashballs. « Et là, sans aucune sommation, ils ont chargé avec une violence extrême, racontait hier Micheline Desponds, professeur de lettres au lycée. Lorsqu’avec quelques professeurs, nous avons tenté de nous interposer et de discuter, les policiers n’ont eu comme seule réponse : "On est payé pour casser la racaille." »
Affolés et surtout coincés dans l’impasse qui mène au lycée, les élèves ont finalement trouvé refuge à l’intérieur de leur établissement. « Une seule élève a été évacuée par les pompiers, c’est une chance, car les choses auraient pu vraiment mal tourner », explique Micheline Desponds. L’entrée du lycée est située au bout d’une impasse, où les policiers n’ont pas hésité à charger à trois reprises.
Micheline Desponds est formelle : les élèves étaient calmes. Aucun jeune venu de l’extérieur n’est allé provoquer les policiers, contrairement aux déclarations du maire UMP de Gagny, Michel Teulet.
Trois vidéos visibles sur le Web de l’Humanité montrent comment Marcel Peschaire, le proviseur, tente dans un premier temps d’éviter la charge de la brigade de sécurité départementale.
Une autre, filmée après les incidents, montre le proviseur entouré d’élèves déclarant micro en main : « À mes yeux, les élèves qui organisaient ce blocus ne faisaient qu’apprendre leur métier de citoyen, apprendre la démocratie. » Élèves et professeurs se réunissent ce matin.
Un appel à la grève est envisagé.
Maud Dugrand
Maud Dugrand